SANS MIXITÉ, PAS DE PERFORMANCE : AIDONS NOTRE ÉCONOMIE NUMÉRIQUE !

Une start-up. Une entreprise. Une levée de fonds. Une licorne. Grammaticalement, l’entreprenariat est féminin. Financièrement, ce n’est pas le cas.

L’accès aux fonds d’investissement est profondément inégalitaire. Comme dans tous les autres domaines, c’est une faute économique et sociale intenable. Alors que nous cherchons sans cesse à relancer notre économie, il est une source inexploitée de création de richesses et de croissance économique : les femmes. Notre pays n’aura jamais les moyens de ses ambitions si nous persistons à entretenir un écosystème non mixte et sexiste.

Les entreprises ayant au moins une fondatrice ont des résultats plus élevés de 63%[1] que les entreprises n’ayant que des fondateurs. Atteindre la parité génèrerait plus de 2 000 MA$ de PIB supplémentaire en Europe d’ici 2025[2]. Hommes et femmes, nous payons tous le prix inique du maintien du privilège masculin. Les dirigeantes ne captent que 2,2%[3] des financements des fonds d’investissement dans le monde. En France, les 9 plus gros fonds d’investissement français n’ont investi que 2,6% des fonds levés dans des entreprises co-fondées par des femmes sur les 5 dernières années[4]. L’inégalité face aux capitaux est une triste réalité et une erreur stratégique.

Cet état de fait n’est pas une fatalité. Pour réduire les inégalités, il faut une double prise de conscience.

« Compter les femmes

pour que les femmes comptent »

Avoir plus de femmes entrepreneures dans le secteur numérique est une nécessité. Les femmes doivent, autant que les hommes, être parties prenantes dans l’élaboration des usages, biens et services qui définiront le monde de demain. C’est un enjeu sociétal majeur. Nous faisons face à un problème culturel et un enjeu d’éducation. Il faut apprendre aux plus jeunes qu’entreprendre et développer une entreprise est possible pour quiconque a une idée, de la volonté et le goût de l’effort. Il faut aussi faire prendre conscience aux hommes qu’un projet entrepreneurial au féminin mérite autant d’attention qu’un projet masculin.

Inciter les fonds d’investissement à financer plus de femmes est l’autre nécessité. Il ne s’agit pas d’opposer les femmes aux hommes mais de pouvoir additionner le talent entrepreneurial des hommes à celui des femmes, aujourd’hui largement inexploité. Nous souhaitons donc que les fonds d’investissement s’engagent à investir 10% des fonds déployés dans des start-ups fondées par des femmes. Pour y arriver, il faut féminiser les équipes d’investissement (les équipes d’investissement ne comptent que 7% de femmes[5]) et féminiser leur dealflow (les flux de transaction).

A moyen terme, il faut favoriser la création d’un fonds d’investissement dédié aux entreprises fondées ou dirigées par des femmes comme cela existe aux États-Unis avec The Helm ou Backstage Capital.

Aucun de ces trois leviers ne doit détourner des autres actions menées pour l’égalité femme - homme. L’accès aux fonds d’investissement n’est qu’un des domaines de cette longue et nécessaire transformation. Nous devons toutes et tous multiplier les actions pour créer un cercle vertueux de progrès.

Par leurs efforts, les dirigeantes démontrent l’égalité du succès. Par leurs actions, elles démontent les archaïsmes. Par leur présence, elles encouragent les futures dirigeantes. Une femme qui entreprend est un exemple fondateur et courageux de transformation directe et de construction de l’égalité effective.

Soutenir les dirigeantes et les fondatrices dans l’accès aux financements est indispensable à la réussite économique de notre pays. Après la révolution juridique, seule la révolution culturelle peut désormais éradiquer l’inégalité persistante.

Nous lançons donc un appel.

Aux femmes à nous rejoindre pour faire prendre conscience à notre société du potentiel de l’entrepreneuriat au féminin.

Aux pouvoirs publics pour accompagner cette démarche et réfléchir avec le monde économique dans son ensemble aux solutions pour créer un écosystème plus mixte.

Aux entrepreneurs et financiers pour imaginer ensemble les meilleurs moyens de permettre aux femmes de participer au développement de notre économie.

Entreprendre c’est prendre des initiatives et devenir maître de son destin. C’est ce que nous faisons aujourd’hui.

L’ambition s’apprend. Le succès se travaille. L’égalité se construit.

Rejoignez-nous !


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#SISTA comme sisters : sœurs et solidaires pour soutenir les dirigeantes et les fondatrices dans l’accès aux financements


[1] Firstround Capital study, de 2005 à 2015 études réalisés aupres de 300 startups / Repris dans le Manifeste Paris Pionnières [2] Étude Women Matter 2016 Mc Kinsey [3] Pitchbook, 2018 [4] Étude interne SISTA – Equipe fondatrices constituée de femmes uniquement [5] WW - Columbia University, 2017


SIGNATAIRES

Stéphane Pallez – PDG FDJ

Mercedes Erra – Co-fondatrice BETC - Présidente exécutive d'Havas Worldwide

Françoise Mercadal-Delasalles – Directrice Générale Crédit du Nord

Anne Lalou - Directrice Générale La Web School Factory

Céline Lazorthes - Fondatrice Leetchi & MANGOPAY

Tatiana JAMA - Co-fondatrice Selectionnist & Visualbot.ai

Nathalie Balla – Co-présidente La Redoute & Relais Colis

Roxanne Varza – Directrice Station F

Alice Zagury - Co-fondatrice The Family

Céline Orjubin - Co-fondatrice My Little Paris

Catherine Barba - Fondatrice CB Group

Mounia Rkha - Responsable Seed Club Isai

Audrey Soussan – General Partner Ventech

Marjolaine Grondin - Co-fondatrice JAM

Lara Rouyrès - Co-fondatrice Selectionnist & Visualbot.ai

Alix Poulet - CEO Leetchi

Isabelle Rabier - Fondatrice Jolimoi

Agathe Wautier - Co-fondatrice The Galion Project

Caroline Ramade - Fondatrice 50intech

Valentine de Lasteyrie - Directrice des investissements et associée de Fiblac